3eme Bataille de Kharkov - 19 février/15 mars 1943

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3eme Bataille de Kharkov - 19 février/15 mars 1943

Message  Admin le Mer 24 Oct - 21:08


La troisième bataille de Kharkov est une contre-attaque allemande menée par le Groupe d'armées Sud allemand contre l'Armée rouge autour de la ville de Kharkov entre le 19 février et le 15 mars 1943. Les Allemands nomment ces opérations la campagne du Donets et les Soviétiques les opérations de Donbass et Kharkov. La contre-attaque allemande conduisit à la destruction d'environ 52 divisions soviétiques et à la reconquête des villes de Kharkov et de Belgorod.





Après la capitulation de la VIe armée allemande à Stalingrad, l'Armée rouge entreprit une série d'offensives plus larges contre l'ensemble du Groupe d'armées Sud. Les Allemands concentraient leurs défenses dans la boucle du Don pour protéger Rostov et la voie ferrée qui ravitaillait les troupes encore dans le Caucase. Les Soviétiques enfoncèrent les défenses des Allemands et de leurs alliés roumains et hongrois sur plusieurs centaines de kilomètres, reprenant Kharkov et Koursk.
Mais l'offensive soviétique avait considérablement étiré les lignes de ravitaillement et prélevé un lourd tribut sur les effectifs. Certaines divisions étaient réduites à lutter avec des effectifs de 1 000 à 1 500 hommes. Les troupes blindées avancées étaient déconnectées de leurs échelons de support.
À la date du 23 janvier 1943, il n’y avait sur le front sud qui s’étendait de la mer d’Azov à Kharkov que 495 chars allemands contre 5000 russes. Au mois de mars, sur l’ensemble du front sud Manstein ne disposait que de 32 divisions contre 341 russes. Si les divisions russes alignaient moins de combattants que les allemandes, le rapport était quand même de 7 contre 1. En outre les Soviétiques étaient beaucoup mieux organisés sur le plan logistique





Pendant janvier et février 1943, le maréchal Erich von Manstein parvint à contenir la pression soviétique sur le Don inférieur et put reconstituer une réserve mobile grâce aux troupes évacuées du Caucase. Le 19 février, il lança une contre-offensive sur un front tourné vers le nord. Le plan était risqué, d'autant que le commandement allemand était démoralisé par la reddition de la VIe armée à Stalingrad le 2 février. Manstein obtint de Hitler l'autorisation de mener l'offensive début février.
La 1re armée de Panzer se retire du Caucase et abandonne Rostov. Le détachement commandé par le général Hollidt se déplace à l’est de sa position dans le bas Severski-Donets et se poste au bord du Mius. Le 48e corps blindé du général Kempf abandonne lui aussi les rives du Severski-Donets et se place au nord de Stalino, Donetsk, dans la région industrielle du Donbass.
Le 16 février, l’unité Kempf est obligée de quitter kharkov afin d’éviter l'encerclement. Victorieux, les Russes profitent de la large brèche ouverte entre Kempf et les formations postées sur le Severski-Donets à la hauteur d’Izyoum. Ils continuent d’avancer par Lossovaya et le 21 février les premiers chars russes atteignent le Dniepr, pratiquement en vue de la base allemande de Zaporoje.
Pour Manstein, les Russes faisaient exactement ce qu’il avait prévu. Plus ils avanceraient, plus la contre-offensive serait puissante. En se retirant, Manstein attirait les Russes dans un piège mortel. En effet, l’unité Kempf était solidement installée à Kasnograd et, le 21 février, l’unité Hollidt et la 1ère armée blindée se rejoignaient au bord du Mius au nord de Stalino. Le 2e corps blindé SS, venu de France, était également présent avec ses bataillons équipés du tout nouveau char TIGRE.





Manstein lança sa contre-offensive le 22 février avec 350 chars. Dans un mouvement coordonné, cinq divisions blindées, soutenues par une couverture aérienne massive, chargèrent vers le nord contre les colonnes du flanc gauche des Russes. Tandis que le 48e corps blindé frappait vers Barvenovka, la 17ème division blindée s’emparait d’Izyoum et de Protoponovka sur le Severski-Donets et les blindés de la SS avançaient par Lossovaya, rejoignant l’unité Kempf dans le nord. Les généraux russes, jusqu’alors en pleine euphorie, furent totalement déconcertés.





Dans cette région plate, où les cours d’eau sont gelés à cette époque de l’année, les blindés allemands pouvaient se déplacer à leur vitesse maximale. Quelques formations russes réussirent à s’échapper mais la plupart furent anéanties. Le 6 mars, de nombreuses unités blindées russes étaient déjà encerclées. Leurs pertes s’élevaient à 23 000 morts et blessés auxquels il fallait ajouter 9 000 prisonniers, 615 chars détruits et plus de 1 000 canons, de toutes sortes, pris à l’ennemi. Le 48e corps blindé allemand poursuivit sa percée fulgurante vers l’est jusqu’aux environs de Kharkov tandis que le 2ème corps blindé SS avançait plein nord droit sur la ville. Entre-temps, la 1re armée blindée, à l’offensive entre Izyoum et Lissitchansk avait elle aussi mis les Russes en déroute, et les avait obligés à se replier de l’autre côté du fleuve.
Bien que les Allemands eussent également des divisions réduites, ils attaquèrent avec succès les arrières peu défendus des Soviétiques. Les Allemands encerclèrent et défirent les corps de l'Armée rouge au sud de Kharkov. Manstein atteignit Kharkov en mars. Malgré les ordres explicites pour encercler la ville plutôt que de l'envahir, la 1re division SS Leibstandarte Adolf Hitler pénétra dans la ville directement, ce qui entraîna quatre jours de combats de rues pour prendre la ville le 15 mars, mais ralentit le travail d'exploitation des Allemands. Deux jours plus tard, les Allemands reprirent également Belgorod.





L'arrivée de la pluie, qui rendait tout terrain boueux, interrompit les opérations. Le front présentait maintenant un saillant qui sera l'objet de la bataille de Koursk en juillet 1943.
Le 3 mars, le froid intense s’adoucit un peu et avec le dégel apparut la boue (la "raspoutitsa"), le pire obstacle pour un char. Le temps jouait donc en faveur des Russes. Les colonnes allemandes n’avaient donc d’autre issue que de poursuivre leur avancée le plus vite possible. Le 2e corps blindé SS commandé par Hausser, qui était parvenu à encercler Kharkov, s’en empara en l’attaquant par le nord et par l’ouest. S’ensuivirent d’intenses combats de rues pendant quatre jours et la ville fut reprise par les Allemands. Après la catastrophe de Stalingrad, la manœuvre de Manstein pour stabiliser le front est l’un des plus grands succès obtenus par un chef militaire durant la Seconde Guerre mondiale.





La troisième bataille de Kharkov démontra aux Soviétiques que la Wehrmacht, malgré Stalingrad, conservait un potentiel offensif. L'objectif principal devint dès lors la destruction de l'arme blindée allemande afin de prendre définitivement le dessus.
L'offensive allemande fut à l'origine de la perte d'environ 70 000 soldats de l'Armée rouge. Les pertes allemandes furent également sérieuses. Le SS Panzer Korps, qui s'était aventuré dans les combats de rue à Kharkov, avait perdu environ 44 % de ses effectifs fin mars.









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