La Panzer Brigade 150

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La Panzer Brigade 150

Message  Admin le Dim 28 Oct - 12:21

La Panzer Brigade 150 et le commando Einheit Stielau



Skorzeny ne disposant que de 5 à 6 semaines pour former et entrainer cette nouvelle unité, il se voit attribuer par le Général Burgdof (chef du bureau de personnel d’armée) deux bataillons de parachutistes, ainsi qu’une compagnie de chars et une autre de transmissions. Ces unités formeront la base de l’opération Greif (« Griffon », l’oiseau mystique renaissant de ses cendres) et le corps de la Panzer Brigade 150.





Skorzeny fait également battre le rappel, à travers toute l’armée allemande, afin de trouver assez d’hommes parlant l’anglais sans accent. Malheureusement, le recrutement n’est pas brillant : à peine une dizaine d’hommes parlent couramment l’anglais et ont une bonne connaissance de la culture américaine… Sur les volontaires restants, 150 le parlent assez bien et le reste peu voire pas du tout… Une tactique voit le jour pour contrer ce problème : de nombreux hommes reçoivent pour instruction de crier « Sorry » et de courir en feignant une attaque de diarrhée s’ils sont interpelés par des soldats alliés. Sur l’ensemble des hommes, les 150 meilleurs sont sélectionnés pour former le commando «Einheit Stielau » et les autres rejoignent la Panzer Brigade 150.







Le commando est formé de plusieurs équipes : une de démolition, chargée de détruire des dépôts d’essence et de munitions, une de reconnaissance, chargée d’observer et de renseigner tous les mouvements ennemis ainsi que de mener et de diriger des groupes de commandos ayant pour missions de couper les communications alliées et de modifier les différents panneaux directionnels.







Skorzeny doit faire face à un autre problème : le manque de véhicules alliés. En effet, il a réclamé 15 tanks, 20 blindés, 20 automitrailleuses, 120 camions, 100 jeeps et 40 motos ainsi que des uniformes et armement américano-britanniques. Il ne reçoit que deux tanks sherman, dont un inutilisable. Pour pallier ce problème, Berlin fait envoyer 20 chars Panther en plus afin de les modifier pour les faire ressembler à leurs homologues alliés. Il ne reçoit également qu’une quinzaine de jeeps (dont certaines seront rendues inutilisables après l’entrainement et remplacées par des kubelwagen) ainsi qu’une vingtaine de camions. En matière d’armement individuel et collectif, on ne lui donne également qu’une petite moitié de ce qui avait été demandé… Ces armes iront équiper les commandos parlant couramment l’anglais, les autres seront dotés d’armements allemands. Un nouveau problème surgit, celui des uniformes : en effet, Skorzeny réceptionne principalement que des overcoats américains et britanniques, or les soldats alliés portent majoritairement des « field jackets » au combat… Après s’être démené auprès de nombreux officiers, il reçoit des uniformes ayant été capturés sur la ligne Siegfried et d’autres de différents camps de prisonniers. Une nouvelle fois, ce seront les hommes du commando Einheit Stielau qui seront équipés de ces uniformes.





Toute une série de stratagèmes sont alors imaginés et mis en place pour donner le change et éviter les bavures : les tanks Panther seront modifiés avec des plaques de blindage afin de les faire ressembler aux chars M10 Wolverine, en présence de troupes conventionnelles allemandes, ils devront pointer leurs canons à 90° pour se faire reconnaitre. Tous les véhicules seront peints en kaki et porteront des marquages américains. A l’arrière de ceux-ci figureront de petits triangles jaunes afin d’être facilement repérables. Les hommes du commando, eux, en présence de troupes allemandes, devront porter des écharpes bleues ou roses (suivant l’unité), retirer et agiter leur casque tout en s’équipant de quelques effets allemands.







L'opération Greif

Fin novembre 44, Skorzeny reçoit de Göring les images d’une reconnaissance aérienne des ponts de Huy et d’Amony : ils sont très peu défendus. Hitler lui interdit aussi formellement de se rendre derrière les lignes ennemies avec ses hommes. Le 8 décembre, ses compagnies sont envoyées par train jusque Wahn. Lors d’une réunion avec Model, il apprend que lui et ses hommes seront rattachés au 1 SS Panzerkorps de Joachim Peiper. Au début de l’offensive, les commandos de Skorzeny devront suivre les chars de Peiper et rompre la formation à l’approche des lignes alliées afin de foncer vers leurs objectifs.





L’attaque générale débute le matin du 16 décembre par un barrage d’artillerie, suivi par une percée de la 1 Panzer Division. Skorzeny (qui prend le nom de code « Colonel Solar ») envoie 4 équipes de commandos au milieu de la retraite américaine. Ils ne rencontrent aucun problème pour passer et s’infiltrer car l’offensive allemande a provoqué la surprise et désorganisation côté Allié. Au soir de cette première journée, c’est au total 6 des 8 équipes du commando Einheit Stielau qui ont pénétré avec succès les lignes alliées et qui se trouvent désormais en place le long de la Meuse. L’une des plus belles actions a lieu le deuxième jour de la bataille : l’équipe emmenée par Fritz Büssinger passe la quasi-totalité de la journée dans la ville de Huy, à se renseigner sur les différentes positions et cela même en échangeant quelques mots avec des officiers américains… Sur le retour de sa mission, Büssinger parvient même à tromper une colonne de chars et de camions de ravitaillement, les envoyant à l’opposé de leur destination. Skorzeny découvre, cette soirée là, à l’écoute d’une radio américaine volée, que les Américains sont à la recherche de leur propre division blindée ! Les Américains confirmèrent, longtemps après, que de nombreuses colonnes de ravitaillement ont été déviées de leur route grâce à des ordres contraires émanant des commandos Einheit Stielau. Ils réussissent également à égarer la 84th US Division, ainsi qu’à détruire quelques dépôts et positions autour de Malmédy.





Ces coups d’éclat mettent en place une telle pagaille et phobie que les Alliés jouent durant quelques jours, au chat et à la souris avec leurs propres troupes : en instaurant de nombreux contrôles, en arrêtant à la moindre suspicion, … Le général Bruce Clark, commandant le VIII Corps, est lui-même arrêté et questionné pendant plus de 5 heures. Le général Eisenhower, sous haute sécurité et surveillance à Versailles suite aux différentes rumeurs d’assassinat, reste quant à lui « prisonnier » de ses propres services de sécurité jusqu’à la fin du mois de décembre.





Malheureusement, ce succès est de courte durée pour Skorzeny : sa 150 Panzer Brigade ayant deux jours de retard et étant bloquée derrière Peiper, il décide de la faire combattre comme unité régulière. Le 21 décembre, elle attaqua à plusieurs reprises et sans succès Malmédy. Ce sera la seule tentative notable de prise de la ville durant toute l’offensive.





Côté commando, c’est au total 20 hommes qui ne parviennent pas à regagner les lignes allemandes. Pour beaucoup d’entre eux, c’est la mauvaise connaissance de la langue américaine qui leur vaut cette capture : l’utilisation du mot « Petrol » à la place de « Gas » pour demander de l’essence, d’expressions britanniques comme « Keep your pecker up » ou encore de « Up your bottom » au lieu de « Bottoms up » en partageant du café avec un sergent américain. La faible connaissance du règlement mais aussi des habitudes alliées peuvent, également, avoir mené à la capture d’autres commandos : par exemple, il n’était pas commun pour une jeep d’avoir un équipage supérieur à 3 hommes, … La plupart d’entres-eux sont condamnés à mort ou à la perpétuité par divers tribunaux militaires alliés.























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