La crise des Sudètes - 1938

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La crise des Sudètes - 1938

Message  Admin le Jeu 3 Jan - 13:13


À l'issue de la Première Guerre mondiale, le traité de Saint-Germain-en-Laye démantèle l'Empire des Habsbourg sur la base du droit des peuples à disposer d'eux-mêmes. La Tchécoslovaquie réunissant les populations Tchèques et Slovaques dans un même état est créée. Les Allemands des Sudètes deviennent alors une des nombreuses minorités que compte le nouvel État.
L'opposition entre les Allemands et les Tchèques devient latente durant les années 1920 et s'intensifie dans les années 1930, après la dissolution de deux partis irrédentistes par le gouvernement tchécoslovaque, puis la création par Konrad Henlein d'un « Front patriotique des Allemands des Sudètes » en 1933, forcé de changer de nom en 1935 pour devenir Parti allemand des Sudètes. Ce parti réclame, avec l'appui de l'Allemagne nazie, le rattachement au Troisième Reich et amplifie graduellement ses exigences. La crise éclate suite à l'Anschluss de l'Autriche au Reich en 1938.

Mais durant la période 1920-1938, il y avait d'autres partis politiques allemands en Tchécoslovaquie, dont des sociaux-démocrates, des chrétiens-sociaux et des agrariens, et que de nombreux Allemands soutenaient le Parti communiste tchécoslovaque. Ces partis étaient largement majoritaires dans l'électorat allemand jusqu'en 1935.
Les gouvernements de coalition tchécoslovaques de 1926 à 1938 étaient appuyés par des partis allemands modérés, auxquels certains élus participèrent en tant que ministres, notamment l'agrarien Franz Spina (Bund der Landwirte), à diverses reprises entre 1926 et 1938, le social-démocrate Ludwig Czech (Deutsche sozialdemokratische Arbeiterpartei in der Tschechoslowakischen Republik), de 1929 à 1938, et le social-chrétien Erwin Zajicek (Deutsche Christlich-Soziale Volkspartei) de 1936 à 1938.







Il y avait également des électeurs et des élus allemands dans d'autres partis, non spécifiquement allemands, comme le Parti communiste tchécoslovaque (848 822 voix et 30 députés).
composée de : Deutsch-demokratische Freiheitspartei, Deutsche Gewerbepartei, Deutschnationale Partei, Sudetendeutsche Landbund, Deutsche Arbeiterpartei, Zipser deutsche Partei, Parti chrétien-social hongrois et Parti national hongrois.
De nombreux Allemands des Sudètes, sociaux-démocrates, communistes, juifs ou simplement antinazis, seront déportés après l'annexion par le Troisième Reich, d'autres fuiront dans les autres parties de l'ex-Tchécoslovaquie et participeront à la résistance tchèque et slovaque contre le nazisme. Par ailleurs, parmi les Allemands de Tchécoslovaquie, « des Sudètes » comme « des Carpates » (ces deux catégories ne recoupent pas la totalité des Allemands de Tchécoslovaquie), il y a aussi bien des catholiques et des protestants que des juifs.







La crise des Sudètes et leur rattachement au Reich


Allemands des Sudètes acclamant Hitler avec le salut nazi lorsque celui-ci traversa la frontière tchécoslovaque en 1938. L'interprétation de l'émotion perçue sur cette photo a varié selon les camps belligérants du conflit mondial sur le point d'éclater.
Le 29 et 30 septembre 1938, Hitler, poursuivant les objectifs pangermanistes de l'Allemagne et se faisant alors le champion du principe des nationalités, déclare vouloir « libérer les Allemands des Sudètes » de l'« oppression » tchécoslovaque. Hitler affirme ses revendications en s'appuyant sur l'agitation de l'organisation nazie locale, menée par Konrad Henlein. Le Führer évoque le « droit des nations » pour exiger de Prague l'annexion au Reich de la Région des Sudètes. Il annonce aux Français et aux Britanniques qu'une fois ce dernier problème territorial résolu, l'Allemagne se contentera de ses nouvelles frontières en Europe. « L'Europe connaîtra ensuite la paix pour mille ans ». Le Führer obtiendra gain de cause avec l'aval du président du Conseil français Édouard Daladier, du Premier ministre britannique Neville Chamberlain et du duce italien Benito Mussolini, lors de la signature des accords de Munich, le 29 septembre 1938.

Le 21 octobre suivant, les Sudètes deviennent citoyens du Reich.
Dès le rattachement effectué, Hermann Göring se rend dans les mines de charbon brun et de lignite de la région des Sudètes et supervise la mise en place d'une usine de production d'essence synthétique avec les ingénieurs d'IG Farben, consortium développé par le complexe militaro-industriel nazi ; le cruel besoin de carburant, même d'origine chimique, pour satisfaire les nécessités de l'armement mobile, figure sans doute parmi les buts de guerre inavoués du régime pour annexer la région.







Le Gleichschaltung fut alors si efficace dans la région, que lors des élections de 1938, 97,32 % des voix revinrent au Parti nazi. Un demi-million d'Allemands des Sudètes rejoignirent le NSDAP avec un taux d'adhésion de 17,34 % de la population (la moyenne sur toute l'Allemagne n'était estimée qu'à seulement 7,85 %), ce qui firent d'eux parmi les plus solides soutiens au régime d'Hitler.
De plus, leur connaissance de la langue tchèque permit à certain d'entre eux d'être employés dans l'administration du Protectorat de Bohême-Moravie, qui fut instauré lors du démantèlement de l'État tchécoslovaque.







En 1945, la République tchécoslovaque est rétablie dans ses frontières initiales, à l'exception de la Ruthénie subcarpatique absorbée par l'Union soviétique après avoir été annexée en 1938 par la Hongrie.
Le président Edvard Beneš émet les décrets Beneš qui, en application de la conférence de Potsdam, expulsent du territoire tchécoslovaque les minorités allemandes et hongroises et confisquent leurs biens - en échange de quoi, l'État tchèque ne réclame pas de dommages de guerre à l'Allemagne vaincue.
La loi tchécoslovaque (comme celle de l'Autriche-Hongrie avant elle et de la République tchèque après) reconnaît la citoyenneté (par définition tchécoslovaque) et la nationalité : tchèque, slovaque, polonaise, hongroise, allemande, rom, etc. dont la mention est obligatoire sur les papiers d'identité. Il est alors aisé de déterminer lesquels des citoyens sont destinés à l'exil sur la base de leur nationalité.
Ce sont les municipalités (národní výbor) qui, dans les faits, sont chargées d'identifier les citoyens tchécoslovaques de nationalité allemande qui sont réunis dans des camps de concentration tchèques puis conduits par convois ferroviaires vers l'Allemagne. L'expulsion des Sudètes s'étalera sur trois ans, de 1945 à 1947.







Les Sudètes aujourd'hui

Les Sudètes furent déplacés majoritairement dans le Länder allemands de Bavière, Saxe, Thuringe, Basse-Saxe, Hesse et Bade-Wurtemberg, ainsi qu'en Autriche, où ils furent souvent accueillis avec suspicion.
Afin de les accueillir, des quartiers (voire des villes entières) furent construits comme : Neutraubling (près de Ratisbonne), Neugablonz, Geretsried, Traunreut et Waldkraiburg en Bavière.
Le talent des artisans sudètes fut bénéfique pour la reconstruction de l'économie allemande après la guerre, notamment dans le domaine de l'industrie du verre et de la cristallerie, le cristal de Bohême étant particulièrement réputé. Ainsi, la communauté sudète originaire de Steinschönau (aujourd'hui Kamenický Šenov) est très présente à Rheinbach en Rhénanie-du-Nord-Westphalie, où l'industrie du lustre s'est développée.
Les intérêts des Sudètes sont actuellement défendus par la Vertriebenenverband (« Associations des personnes déplacées »).


source ... Pierre Hillard, Minorités et Régionalismes.




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de bons liens ...

http://icp.ge.ch/po/cliotexte/annees-20-30-crises-totalitarisme/munich.1938.html

http://www.lesmanantsduroi.com/articles2/article44106.php



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