Le Travailleur allemand du IIIe Reich

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Le Travailleur allemand du IIIe Reich

Message  Admin le Ven 11 Jan - 10:35






La loi réglementant la main-d'oeuvre nationale du 20 janvier 1934, connue sous le nom de « Charte du Travail », avait remis le travailleur à sa place et rétabli l'employeur dans son ancienne position de maître absolu, sujet, il est vrai, aux interventions de l'État tout-puissant. L'employeur devenait le chef de l'entreprise, les employés, les disciples ou Gefolgschaft. L'article 2 de la loi précisait que le chef de l'entreprise prend les décisions pour les employés et les ouvriers dans tous les domaines concernant l'entreprise. Et, tout comme autrefois le seigneur était censé être responsable du bien-être de ses sujets, de même, sous la loi nazie, l'employeur était-il responsable du bien-être des employés et des travailleurs. En retour, précisait la loi, les employés et les ouvriers lui doivent fidélité, c'est-à-dire qu'ils devaient travailler dur et longtemps, sans récriminations ni murmures, même s'il s'agissait de salaire.
Les salaires étaient fixés par des conseillers du travail, nommés par le Front du Travail. En pratique, ceux-ci fixaient les tarifs selon les désirs de l'employeur — il n'était pas question même de consulter les ouvriers sur ces questions — mais après 1936, quand la main-d'oeuvre se fit rare dans les industries d'armement et que certains employeurs tentèrent d'élever les salaires pour attirer l'embauche, l'échelle des salaires fut maintenue à un niveau plus bas sur ordre de l'État.









Finalement, la paie que le travailleur allemand rapportait à la maison diminuait. Outre de lourds impôts sur le revenu, des contributions obligatoires aux assurances maladie, chômage et infirmités, sans parler des cotisations au Front du Travail, le travailleur manuel — comme tout le monde en Allemagne nazie — était l'objet de pressions constantes pour faire des dons de plus en plus importants à toute une collection d'oeuvres de charité nazies, dont la principale était le Winterhilfe (Secours d'hiver). Plus d'un ouvrier perdit sa place parce qu'il n'avait pas versé sa contribution au Winterhilfe ou bien parce qu'on jugeait cette contribution trop. faible.
Ce genre de faute se trouva un jour sanctionné par un tribunal du travail, qui approuva le licenciement sans préavis d'un employé, pour conduite hostile à la communauté du peuple... méritant d'être sévèrement condamnée. Vers les années 1935, on estimait que les impôts et contributions diverses prélevaient de 15 à 35 pour 100 du salaire brut d'un ouvrier. Pareil prélèvement sur une semaine de 6,95 dollars ne laissait pas grand-chose pour le loyer, la nourriture, l'habillement et les loisirs.







La force par la joie

Les travailleurs allemands, comme le prolétariat romain, avaient leur cirque fourni par leurs dirigeants pour détourner leur attention de leur condition misérable. « Il nous fallait détourner l'attention des masses des valeurs matérielles vers les valeurs morales, expliqua un jour le docteur Ley. Il est plus important de nourrir les âmes des hommes que leurs ventres. » Ce fut ainsi qu'il conçut une organisation appelée Kraft durch Freude (« La force par la joie »). Cette organisation fournissait ce que l'on ne peut appeler que des loisirs enrégimentés. Dans une dictature totalitaire au XXe siècle, comme peut-être dans les dictatures d'autrefois, il semble nécessaire de contrôler non seulement les heures de travail, mais aussi les heures de loisirs de l'individu. C'était à quoi veillait «La force par la joie ». A l'époque pré-nazie, l'Allemagne avait des dizaines de milliers de clubs consacrés à toutes sortes d'activités, des échecs au football en passant par l'ornithologie. Sous le régime nazi, aucun groupe social, sportif ou récréatif n'eut le droit de fonctionner en dehors du contrôle et de la direction de Kraft durch Freude.









Pour l'Allemand ordinaire du Troisième Reich, cette organisation officielle couvrant toutes les activités de loisirs était sans doute mieux que rien, si l'on ne vous laisse pas l'initiative de se distraire.
Elle permettait par exemple aux membres du Front du Travail de faire pour leurs vacances des voyages ou des croisières à des prix défiant toute concurrence. Le docteur Ley fit construire deux navires de 25 000 tonnes, dont l'un portait son nom, et il en loua dix autres pour organiser des croisières pour Kraft durch Freude. Bien que la vie à bord fût organisée par les leaders nazis jusqu'à un point insupportable, les travailleurs allemands semblaient bien s'amuser. Et à quel prix ! Une croisière à Madère, par exemple, ne coûtait que 25 dollars, y compris le voyage en train aller-retour jusqu'à un port allemand, et d'autres voyages étaient tout aussi peu coûteux. Des plages au bord de la mer et sur des lacs furent envahies par des milliers de vacanciers — l'une d'elles à Ruegen, sur la Baltique, qui n'était pas terminée lorsque la guerre éclata, se vantait de pouvoir loger 20 000 personnes — et, en hiver, des excursions spéciales pour faire du ski dans les Alpes bavaroises étaient organisées à 11 dollars par semaine, y compris le voyage en car, la pension, la location des skis et les leçons d'un moniteur.










Les sports, dont toutes les branches étaient contrôlées par « La force par la joie », furent organisés sur une vaste échelle, plus de 7 millions de personnes, d'après les chiffres officiels, en pratiquant annuellement. L'organisation fournissait également au rabais des billets de théâtre, d'opéra et de concerts, permettant ainsi aux travailleurs d'avoir des distractions plus intellectuelles, comme le proclamaient souvent les fonctionnaires nazis. Kraft durch Freude avait également son propre orchestre symphonique de 90 exécutants, qui ne cessait de parcourir le pays, jouant souvent dans les plus petites villes, où l'on n'avait généralement pas l'occasion d'entendre de la bonne musique. Enfin, l'organisation prit sous sa coupe les quelque deux cents institutions d'éducation adulte qui florissaient sous la République — mouvement qui avait pris son origine en Scandinavie — et continua à les faire fonctionner non sans ajouter un fort apport d'idéologie nazie à l'instruction qu'on y prodiguait.







A la fin, bien sûr, ce furent les ouvriers qui payèrent le cirque. Le montant total des cotisations au Front du Travail atteignait 160 millions de dollars en 1937 et dépassa le cap des 200 millions de dollars lorsque la guerre éclata, d'après le docteur Ley : « La comptabilité était extrêmement vague, car elle était entre les mains non pas de l'État, mais du service des finances du parti, qui ne publiait jamais ses comptes. Sur le montant des cotisations, 10 pour 100 étaient réservés au Kraft durch Freude. Mais les cotisations payées par les individus pour les voyages de vacances et pour les loisirs, pour peu coûteux que tout cela fût, atteignaient dans l'année qui précéda la guerre le chiffre de 1 milliard 250 millions de dollars. Une autre lourde charge accablait encore le salarié : en tant que première organisation du parti unique dans le pays, avec 25 millions de membres, le Front du Travail devint une gigantesque bureaucratie, avec des dizaines de milliers d'employés à plein temps. En fait, on estimait que de 20 à 25 pour 100 de son revenu étaient absorbés par les frais de gestion.




source ... Encyclopedie Universalys














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