Les femmes, la famille allemandes sous le IIIe Reich

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Les femmes, la famille allemandes sous le IIIe Reich

Message  Admin le Ven 11 Jan - 12:50








La lutte contre le manque d'enfants, engagée dès leur montée au pouvoir, par les nazis se concentra en effet tout d'abord autour de la femme émancipée. Il fallait, à tout prix, l'éliminer de la vie publique, la forcer à réintégrer le foyer selon la vieille théorie des trois « K »: Küche, Kinder, Kirche (cuisine, enfants, église).
Dans cet ordre d'idées rétrogrades, à une époque où les femmes obtenaient le droit de vote et luttaient pour leur libération de l'emprise du mâle, le parti national-socialiste avait publié, en janvier 1921, une ordonnance par laquelle il s'engageait à exclure - à jamais - les femmes de toute position importante dans le domaine de la politique.
Hitler, le premier, parla de l'émancipation de la femme comme d'un symptôme contre nature semblable à la démocratie parlementaire.
A en croire les dirigeants du parti, de telles pulsions témoignaient d'une frustration due à des fonctions insuffisantes des glandes sexuelles. Goebbels, pour sa part. comparait la femme aux animaux.
La femme, disait-il, a le devoir d'être belle et de faire des enfants. L'idée n'est pas aussi vulgaire et vieux-jeu qu'elle pourrait le paraitre. La femelle de l'oiseau se fait belle pour son mâle et fait éclore les oeufs pour lui. L'éloignement des femmes de la vie publique, que nous avons entrepris, n'est fait, en réalité, que pour lui rendre sa dignité.









Le culte de la maternité

Dès 1933, on prit soin de modifier le programme des écolières à qui le ménage, le foyer allaient être réservés en lieu et place des études à l'Université. Chaque année, chaque mois même, de nouveaux décrets rabaissaient la femme à une condition inférieure. En juin 1936. une loi interdit aux femmes d'exercer les fonctions de juge, de procureur, ainsi que diverses autres hautes fonctions dans la magistrature. La femme, selon les nazis, ne pouvant juger que d'après ses sentiments, était incapable de rendre la justice conforme à l'idéal du parti. Enfin, les doctoresses mariées perdirent, elles aussi, leur emploi « devant la nécessité de se vouer à l'enfantement » jusqu'au jour, où, faute d'hommes, on dut les rappeler.









Aussi surprenant que cela puisse paraître, la plupart des femmes finirent par considérer que le culte de la maternité, en dépit de tous les désavantages de la discrimination contre le sexe féminin, était un bien nécessaire à la patrie. Afin de montrer leurs sentiments antibourgeois de vraies nationales-socialistes, elles cherchèrent à ressembler à l'idéal féminin de la blonde éclatante, aux hanches larges, aux cheveux noués derrière la nuque ou tressés en couronne autour de la tête. Le maquillage était « non allemand » et ne pouvait servir qu'aux visages « marqués par l'érotisme des filles orientales ». Dans les autobus de Berlin, les filles maquillées étaient traitées de « putains », parfois même de « traîtres à la patrie ». Les Gauleiter de certaines régions allèrent jusqu'à interdire la teinture de cheveux et la permanente.









La politique de la pondeuse

La minceur, chez une femme, était, elle aussi, combattue. Il était de notoriété publique que les femmes trop minces ne pouvaient avoir beaucoup d'enfants, de même que les femmes qui aimaient trop leur chien ne pouvaient que priver leur future progéniture de cet amour.
Les actualités cinématographiques du 3e Reich mettaient continuellement en évidence ces thèmes. La projection répétée d'images d'animaux domestiques était toujours accompagnée des mêmes commentaires :
- Celui qui donne à un chien la place qui revient à un enfant, commet un délit contre la nature et contre notre peuple.
- L'amour inconsidéré des bêtes va à l'encontre de la nature. Il n'élève pas l'animal mais rabaisse l'être humain.

La propagande réservée à la femme adulte, si elle varia selon les circonstances, fut toujours animée par deux préoccupations distinctes : la quantité numérique et la qualité raciale.
La première menait tout droit à la guerre sur le « front des naissances », afin de couvrir les besoins démographiques croissants du pays la seconde allait être réservée à l'élite du peuple allemand, à l'espèce nordique, blonde aux yeux bleus, autrement dit, à ce qu'on a pu appeler plus tard « l'élevage humain de la SS ».









Sur le plan du rendement numérique, d'innombrables mesures avaient été prises, dès 1933, en faveur des familles nombreuses de race allemande. L'anniversaire de la naissance de la mère d'Adolf Hitler le 12 août - avait été choisi pour célébrer la fête des mères allemandes.
En ce jour, les mères de familles nombreuses étaient décorées, en grande pompe, de la croix d'honneur de la mère allemande. La distinction comportait trois catégories: une croix de bronze (de quatre à six enfants), une croix d'argent (de six à huit enfants), une croix d'or (pour huit enfants et plus). A la mère ainsi décorée revenait l'honneur d'occuper, au sein de la société, la place du soldat au front. Selon la formule officielle, « les dangers auxquels s'exposait une mère du point de vue de sa santé et de sa vie, en servant ainsi son peuple et sa patrie, équivalaient à ceux du combattant dans le tonnerre de la bataille ».







En août 1939, trois millions de mères allemandes avaient été décorées de cet Ordre à qui l'homme de la rue avait donné un nom : « l'Ordre du Lapin » . Les membres des organisations de jeunesse du parti se devaient de saluer, le bras tendu, les femmes porteuses de cette décoration.
Des primes, des allocations et autres avantages de toutes sortes accompagnaient les différentes distinctions. La guerre venue, les récompenses prirent souvent la forme inattendue d'une... bonne-à-tout-faire, prélevée sur les millions de filles et de femmes de l'Europe de l'Est, soumises au travail obligatoire en Allemagne. Les déportées polonaises, russes, tchèques et autres étaient ainsi distribuées aux familles méritantes « afin que le travail physique ne nuise pas à la fécondité de la mère allemande ».









Bataille contre la stérilité

A cette époque, la préoccupation fécondité était si forte qu'aucune des dix-huit millions de mères allemandes vouées à l'éducation de leurs enfants ne fut envoyée en usine avant 1943. Les dirigeants ne se lassaient d'ailleurs jamais de répéter que la guerre nuisait moins à un peuple que la raréfaction des femmes fécondes. Parce qu'ils ne participaient pas à l'effort démographique, les ménages sans enfant, les femmes stériles et mêmes les femmes trop vieilles pour enfanter furent eux aussi la cible des eugénistes nazis.
Sur seize millions de femmes mariées à la fin de l'année 1938, 22,5 pour 100 n'avaient pas d'enfant dont 34,5 pour 100 dans la capitale.
En mai 1939, l'importante banque de Dresde publia, avec son bilan de fin d'année, un état des mariages et des naissances parmi son personnel. Le journal de la SS, Das Schwarze Korps, se déclara indigné devant les chiffres alarmants diffusés par la banque. La moitié des employés de la Société n'avaient pas d'enfants...







Les ménages stériles furent à l'origine de la promulgation, en 1938, de la loi sur le divorce. L'effet ne se fit pas attendre. De quarante-deux mille en 1932, les divorces passèrent en 1938 à soixante-deux mille. Parmi les motifs invoqués dans les jugements, on note, à l'encontre des épouses :
- refuse d'avoir des enfants ;
- est atteinte de stérilité.
Moins de deux années après la promulgation de la loi, on signalait déjà 80 pour 100 de maris ayant répudié leur femme pour « incapacité de leur donner des enfants ». Trois femmes sur cinq étaient âgées de plus de quarante-cinq ans et elles avaient été mariées depuis plus de vingt ans. Le mari la déclarait inapte à l'enfantement quand bien même elle avait, dans sa jeunesse, mis un ou plusieurs enfants au monde. Les tribunaux, sur simple déclaration du mari accusant sa femme de stérilité, avaient le droit, sans autre forme de procès, de prononcer le divorce.


Source ... Encyclopedie Universalys entre autre

















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